Dyslexie et langues étrangères : faut-il renoncer à l’anglais ?
L’anglais est souvent présenté comme la bête noire des enfants dyslexiques. Son orthographe particulièrement opaque — où les sons et les lettres ne correspondent pas de façon régulière — en fait effectivement l’une des langues les plus difficiles à apprendre pour un profil DYS. Mais faut-il pour autant y renoncer ? Absolument pas.
Pourquoi l’anglais est particulièrement difficile pour les dyslexiques
L’anglais est une langue à orthographe dite « opaque » : la relation entre les graphèmes et les phonèmes est irrégulière et imprévisible. « Though », « through », « tough » et « thought » se terminent tous par les mêmes lettres mais se prononcent complètement différemment. Pour un enfant dyslexique dont le déficit phonologique rend déjà la correspondance sons-lettres laborieuse, cette irrégularité représente un obstacle supplémentaire significatif.
L’anglais oral d’abord : une approche libératrice
La clé pour les enfants dyslexiques est de commencer par l’anglais oral avant d’introduire l’écrit. Écouter des podcasts, regarder des séries en version originale sous-titrée en anglais, chanter des chansons en anglais — toutes ces activités développent la compréhension orale et l’expression sans passer par l’écrit. Cette immersion sonore constitue une base solide avant d’aborder la lecture et l’orthographe anglaises.
Des outils numériques adaptés pour l’anglais
Plusieurs outils numériques peuvent faciliter l’apprentissage de l’anglais pour les dyslexiques. Les correcteurs orthographiques spécialisés en anglais, la synthèse vocale en langue anglaise, et les applications d’apprentissage comme Duolingo — qui combine image, son et texte — sont particulièrement adaptés. Des outils spécialisés DYS pour les langues étrangères sont référencés sur dystap.io.
Négocier des aménagements en cours d’anglais
Dans le cadre du PAP, il est possible de négocier des aménagements spécifiques pour les cours de langues étrangères. Ne pas pénaliser l’orthographe dans les productions écrites en anglais, accepter les réponses orales, fournir les textes à l’avance pour permettre une préparation — ces mesures simples peuvent radicalement changer l’expérience de l’élève dyslexique en cours de langue. Pour des conseils sur la mise en place de ces aménagements, consultez professionnelsdys.fr.
Ne pas renoncer à une compétence essentielle
Maîtriser l’anglais est aujourd’hui une compétence professionnelle incontournable. Renoncer à l’anglais à cause de la dyslexie serait priver l’enfant d’un outil précieux pour son avenir. Avec les bons aménagements, les bons outils et une approche pédagogique adaptée, un enfant dyslexique peut tout à fait atteindre un niveau fonctionnel en anglais — surtout à l’oral. Pour des ressources complémentaires, consultez ladyslexie.fr et lesdys.fr.