Témoignage : comment j’ai réussi mon bac avec la dyslexie
Marie-Camille a 19 ans. Elle vient d’obtenir son baccalauréat général avec mention bien. Dyslexique depuis le CP, elle raconte avec franchise comment elle a traversé sa scolarité, les moments de doute, les stratégies qui ont marché — et le message qu’elle veut transmettre aux élèves qui se reconnaissent dans son histoire.
« Au collège, je pensais que j’étais stupide »
« Avant d’être diagnostiquée, je ne comprenais vraiment pas pourquoi je devais travailler autant pour obtenir des résultats moyens. Je voyais mes amis relire leurs cours une fois et tout retenir. Moi, je relisais dix fois et j’oubliais quand même. J’avais honte de demander de l’aide parce que j’avais peur qu’on me dise que je n’étais pas capable. » Le diagnostic, posé en 5ème après un bilan orthophonique, a été un choc — mais aussi un soulagement immense. « Enfin, j’avais un mot pour ce que je vivais. Et surtout, j’avais compris que ce n’était pas ma faute. »
Les outils qui ont tout changé
Depuis la 4ème, Marie-Camille utilise un ordinateur en classe avec la synthèse vocale et un correcteur orthographique adapté. « Ça peut paraître simple, mais ça a révolutionné ma façon de travailler. Je pouvais enfin me concentrer sur le fond de mes réponses plutôt que de passer mon énergie à essayer d’orthographier correctement. » Elle a également découvert les cartes mentales pour organiser ses révisions. « Je suis visuelle — les schémas m’ont permis de mémoriser des chapitres entiers que je n’arrivais pas à retenir sous forme de texte. » Des outils similaires sont référencés sur dystap.io.
Le tiers-temps au bac : « une équité, pas un avantage »
« Quand j’ai dit à des amis que j’avais le tiers-temps au bac, certains ont réagi en disant que c’était injuste. Ça m’a blessée, parce que ce temps supplémentaire ne m’a pas donné un avantage — il m’a juste mis sur un pied d’égalité. Sans lui, j’aurais passé la moitié de l’épreuve à déchiffrer les sujets au lieu de réfléchir aux réponses. » Cette incompréhension autour des aménagements est fréquente. Pour mieux informer l’entourage, des ressources pédagogiques sont disponibles sur enfantdys.fr.
Ce qu’elle conseille aux élèves dyslexiques aujourd’hui
« Ne vous comparez pas aux autres — vous fonctionnez différemment, pas moins bien. Trouvez vos outils, même si ça prend du temps. Parlez-en à vos parents, à vos profs, à votre orthophoniste. Et surtout, ne croyez jamais quelqu’un qui vous dit que vous n’êtes pas capable. » Marie-Camille commence une licence de psychologie à la rentrée prochaine. Elle espère un jour travailler avec des enfants DYS. « Je veux être la personne que j’aurais voulu avoir à côté de moi quand j’avais 10 ans. »
Partager pour briser l’isolement
Des témoignages comme celui de Marie-Camille sont précieux pour les familles et les jeunes qui se sentent seuls face à la dyslexie. Si vous souhaitez partager votre propre expérience ou lire d’autres parcours inspirants, consultez ladyslexie.fr et lesdys.fr.